Béton des Mers


Photos: Franck Fernandes Texte: Christophe Cirone
Boitier: Hasselblad
Ouh, le vilain mot. « Béton »... Quelle idée !
De « bétonné » à « béton armé » via pourquoi pas « laisse béton », ces deux syllabes abruptes inspirent la brutalité, le primaire, le malvenu, le moche.
Et si le béton, pas si bête, recelait au contraire un côté esthétique, harmonieux, poétique, voire sensuel ?
Pas question bien sûr d'écrire un hymne aux promoteurs immobiliers, qui ont trop souvent défiguré les beautés sauvages des littoraux azuréens et varois.
Juste de regarder sous un autre angle ces matériaux qui côtoient la mer au quotidien.
Ennemis ? Souvent. Complices ? Parfois.
« Bétons sur mer ». Rapport de dominant-dominé... et vice-versa !
A première vue, l'« envahisseur » solide s'est imposé à l'« opprimé » liquide.
Mais celui-ci n'hésite pas à reprendre ses droits, à coups de vagues, d'écume, à la rouille, à l'usure, à travers un voilier ou une baleine surgis dans le paysage urbain... Relation conflictuelle ? Ou sérénade amoureuse entre les éléments ?
Cette série de « bétons sur mer » illustre comment chacun, finalement, existe à travers l'autre. Preuve que le rejeton est loin d'avoir tué la mer.
Texte : Christophe Cirone
Photos : Franck Fernandes

Photos: Anais Brochiero et Franck Fernandes
Boitier: Hasselblad

Art

La fleur est une passerelle jetée sur l'abime entre des valeurs inexprimables. le vrai langage des fleurs date du Xeme siecle, époque où l'occident rencontra à nouveau l'orient durant des croisades en terre sainte. Ce levant mystérieux d'où nous sont venus la plupart des fleurs que nous connaissons aujourd'hui. En ces temps, en orient, les femmes etaient enfermées dans des harems, et en occident dans des chateaux. Privées de moyen d'expression et de liberté, elles inventèrent ce code secret pour évoquer des sentiments inexprimables

Photographies : Anaïs Brochiero
Conception : Anaïs Brochiero et Claude Devevey
Boitier: Hasselblad

« Sans en avoir l'air » est une série photographique imaginée et réalisée à deux. Deux expériences exprimées par deux regards différents et complices, celui d'une mère et de sa fille.

Notre idée est de créer à travers les saisons, des pièges, des appâts et des leurres imaginaires à l'aide d'éléments végétaux installés dans la nature. Notre but est de pièger le regard du visiteur à travers des installations qui opèrent une transformation subtile et éphémère dans le paysage. La photo est le point final de la création car elle sera la seule trace de ses oeuvres.

Atmosphere

Photos: Franck Fernandes Texte: Christophe Cirone
Boitier: Hasselblad
Ouh, le vilain mot. « Béton »... Quelle idée !
De « bétonné » à « béton armé » via pourquoi pas « laisse béton », ces deux syllabes abruptes inspirent la brutalité, le primaire, le malvenu, le moche.
Et si le béton, pas si bête, recelait au contraire un côté esthétique, harmonieux, poétique, voire sensuel ?
Pas question bien sûr d'écrire un hymne aux promoteurs immobiliers, qui ont trop souvent défiguré les beautés sauvages des littoraux azuréens et varois.
Juste de regarder sous un autre angle ces matériaux qui côtoient la mer au quotidien.
Ennemis ? Souvent. Complices ? Parfois.
« Bétons sur mer ». Rapport de dominant-dominé... et vice-versa !
A première vue, l'« envahisseur » solide s'est imposé à l'« opprimé » liquide.
Mais celui-ci n'hésite pas à reprendre ses droits, à coups de vagues, d'écume, à la rouille, à l'usure, à travers un voilier ou une baleine surgis dans le paysage urbain... Relation conflictuelle ? Ou sérénade amoureuse entre les éléments ?
Cette série de « bétons sur mer » illustre comment chacun, finalement, existe à travers l'autre. Preuve que le rejeton est loin d'avoir tué la mer.
Texte : Christophe Cirone
Photos : Franck Fernandes

Sociétée


Photos: Franck Fernandes / Boitier Hasselblad
avec la participation de Luc Boutria
Texte: Christophe Cirone

« Je connais l'autre Saint-Tropez, il existe encore. Il existera toujours pour ceux qui se lèvent à l'aube ».Colette avait vu juste. Il existe toujours, ce petit village varois authentique qui séduisit des générations de peintres et d'écrivains avant de devenir l'un des musts mondiaux de la frime.

Saint-Tropez a deux visages.Deux personnalités.Deux rythmes.L'un estival, frénétique, exubérant, friqué et superficiel, fantasmé et surréaliste.L'autre hivernal, calme, décharné et charmeur, humble et méditatif, comme assoupi un lendemain de fête.

Saint-Tropez vit à l'excès. Puis hiberne. Se réveille encore. On, off. Ce n'est pas un village. Ni un mythe. Mais une personne à part entière.

Dans les années 50, quand « Dieu créa la femme » et les initiales BB, le cinéma créa aussi « St-Trop' ». Celui que laissait déjà entrevoir le tourisme mondain de l'entre-deux guerres. Celui qui est devenu ze-place-to-be de tout people qui se respecte, de Johnny aux footeux, des top-models aux stars du 7e art - bouclant ainsi la boucle.

Le cinéma l'a rendu célèbre, mais il n'a pas tué Saint-Tropez. Derrière ses ors et décors se cache un tableau pointilliste, cette « 8e merveille du monde » dépeinte par Signac. Un temple du soleil, au point que le photographe en quête de contre-pied doit guetter la pluie comme une apparition divine...

Quand les projecteurs s'éteignent, Saint-Tropez redevient « une de ces charmantes et simples filles de la mer », semblable à celle qu'embrassa Maupassant, quand il la tira de l'oubli en 1888.

Le port off ? Une escale prisée des amoureux de la mer et de ses célèbres « voiles ».Le port on ? Un théâtre vivant où amarrent yachts arrogants et touristes en quête de rêve.

Pampelonne off ? Une plage tapissée d'algues, aux bicoques désossées et aux parkings vides, où sable et levant devisent en provençal.Pampelonne on ? Un paradis turquoise, plus hype qu'une île tropicale, où défilent Mercos et mannequins en bikinis.

Contrastes. Décalages. De la place des Lices au banc des Mensonges, via l'incontournable gendarmerie, nul n'échappe à cette dichotomie parfois caricaturale, à la limite de la schizophrénie.

Saint-Tropez est à la fois ange et démon, gendre idéal et beau salaud, figurant et premier rôle. Il est tour à tour provençal, parisien, italien, américain. Ou plutôt non, il est tout cela à la fois. Mais il n'a pas besoin de passeport : His name is Saint-Tropez !

Photos:Franck Fernandes / Boitier Hasselblad
avec la participation de Luc Boutria
Texte: Christophe Cirone



Coton

Photos : Franck Fernandes
Boitier: Rolleiflex

Le coton africain a fait beaucoup parlé de lui depuis deux ans.
Par le coton,les pays africains se sont montrés d'une activité peu ordinaire dans l'arène des négociations internationales. Au sortir de l'échec de la réunion ministérielle de l'OMC à Cancun, les pays africains producteurs de coton se sont rendus incontournables dans la poursuite et l'aboutissement du cycle de Doha. Un avantage fut incontestablement marqué mais l'on peut craindre que le cycle de Doha puisse aboutir aujourd'hui sans une réelle prise en compte de l'initiative sectorielle coton présentée par quatre pays africains à Cancun.

Dans l'analyse des actions que l'Afrique peut entreprendre pour mieux vendre son coton, nous avançons deux idées qui peuvent paraître provocatrices.
Dans la suite d'une réflexion initiée dès 2002, nous voulons d'abord souligner la faiblesse de l'effet prix que l'on peut attendre de la correction de distorsion introduite par les politiques de soutien de quelques pays. Nous mettons ensuite en lumière un autre phénomène de distorsion dont pâtissent les pays africains pour la vente de leur coton, et dont la correction n'a pas encore mobilisé les énergies nécessaires.

L'attaque trop limitée aux subventions, la surestimation des coûts de soutien, la marge de manœuvre dans le réaménagement des mesures de soutien dans les "boîtes" de l'OMC, ainsi que les pouvoirs de marchés des oligopoles du négoce sont les facteurs qui peuvent réduire de beaucoup l'augmentation du prix espéré à la suite d'une réduction/suppression du soutien au coton. Les actions à entreprendre pour contrecarrer ces facteurs sont proposées.Les négociations internationales abordent les produits de manière générique, comme le coton, mais les transactions se rapportent aux produits différenciés, pour lesquels les prix sont établis en fonction de la reconnaissance de leur qualité. C'est le domaine du négoce au quotidien qui échappe à l'emprise des règles décidées à l'échelle internationale. La somme d'énergie dépensée sur la scène internationale pour défendre le produit générique coton est sans effet sur la valorisation des produits différenciés qui sont vendus chaque jour, alors que les différentiels de prix entre les origines de coton peuvent être importants.

L'engagement sur la scène des négociations internationales ne peut donc pas suffire pour obtenir le meilleur prix à la vente du coton.En dépit d'éléments objectifs attestant d'un certain niveau de qualité de son coton, les pays de l'Afrique de l'Ouest ne tirent pas bénéfice d'une prime de marché. C'est cette distorsion apparente de prix qu'il convient aussi de combattre. Ce combat ne se livre pas dans les arènes des négociations internationales. Il se remporte par une bonne compréhension des règles du négoce international et des pratiques qui priment actuellement en Afrique. Nous en donnons quelques éléments d'analyse pour indiquer que le combat contre cette distorsion plus discrète est d'abord à livrer sur le sol africain, tant à l'échelle d'un pays qu'à celle d'une région du continent, à partir de l'alliance établie entre tous les acteurs de la production du coton fibre et d'une coordination régionale pour équilibrer les relations avec les opérateurs internationaux.